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Toxine botulique : tout savoir en 10 questions

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La toxine botulique est à la fois à l’origine d’une maladie, le botulisme, et un précieux outil thérapeutique. Comment peut-elle limiter les contractions musculaires ?

1 – D’où vient-elle ?

Produite par la bactérie Clostridium botulinum, la toxine botulique est utilisée depuis
vingt ans pour soulager les enfants atteints de paralysie cérébrale (IMC, syndrome de Little…) ou de polyhandicap.

2 – Effet paralysant ?

Oui, mais pas définitif. La toxine botulique empêche la libération de la molécule chimique, l’acétylcholine, nécessaire à la transmission du message nerveux jusqu’au muscle. La contraction du muscle s’en trouve diminuée, voire bloquée, pendant trois à six mois en moyenne.

3 – Utile contre quoi ?

La toxine permet de réduire ou d’empêcher la contraction des muscles en cause dans la spasticité dite focale, c’est-à-dire localisée à certaines parties du corps. On constate que les enfants qui en ont bénéficié sont opérés moins souvent et moins jeunes pour corriger les déformations orthopédiques liées à cette spasticité. Lorsque les autres traitements ont échoué, la toxine botulique peut également être utilisée face au bavage. On l’injecte dans les glandes salivaires au fond de la bouche, afin de réduire leur contraction et donc la fabrication de salive.

Plusieurs injections
peuvent être réalisées en une séance
Photo © Istock

4 – À qui faire confiance ?

À une équipe pluridisciplinaire au sein d’un centre injecteur. Le médecin de médecine physique et de réadaptation et/ou le neurologue et le chirurgien orthopédique évaluent ensemble, au cas par cas, l’intérêt de la toxine botulique et les objectifs attendus. Le médecin qui procède à l’injection doit être spécifiquement formé et vous avoir expliqué la technique et ses effets.

5 – Quels objectifs face à la spasticité ?

Avant tout, le médecin examine Lulu pour déterminer où et à quel point la spasticité est problématique. En fonction des troubles évalués et des capacités de Lulu, des objectifs plus ou moins complexes sont fixés : améliorer l’hygiène et le confort, faciliter la position assise, augmenter la capacité à tenir debout, à se déplacer, à saisir un objet…

6 – À tout âge ?

Jamais avant 2 ans, car les jonctions entre neurones et muscles, où l’on injecte la toxine, ne sont pas encore toutes constituées. De plus, contre la spasticité, le plus tôt est le mieux, et le traitement peut être poursuivi à l’âge adulte s’il reste utile.

La réduction des contractions musculaires
apparaît au bout de deux semaines
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7 – Comment savoir où et combien injecter ?

Grâce à l’examen préalable, le médecin détermine quel muscle ou groupe de muscles est en cause. Il peut s’aider de l’échographie pour le localiser. Il introduit ensuite une aiguille et envoie un très faible courant électrique ; on parle d’électrostimulation. Ainsi, la contraction provoquée permet de vérifier que l’aiguille est dans le bon muscle, avant d’injecter la toxine. Plusieurs injections peuvent être réalisées en une séance, sans dépasser la dose maximale fixée par produit. Elle est de 20 unités Allergan par kilo de poids pour le Botox, le plus utilisé et le seul à avoir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les membres inférieurs et supérieurs chez l’enfant.

8 – Effet immédiat ?

La réduction des contractions musculaires apparaît au bout de deux semaines et doit être accompagnée d’un programme de rééducation, prescrit lors de la consultation d’évaluation après injection. Le suivi médical est nécessaire. En outre, un bilan est le plus souvent réalisé tous les six à douze mois, surtout en période de croissance, pour évaluer les progrès, fixer de nouveaux objectifs et décider de la poursuite du traitement, avec un délai minimum de trois mois entre deux séances.

9 – Est-ce que ça fait mal ?

À l’introduction de l’aiguille dans le muscle, oui. Pour les enfants, on utilise souvent un mélange gazeux d’oxygène et de protoxyde d’azote (Meopa), qu’ils respirent par un masque mis quelques minutes avant de piquer. Si nécessaire, le médecin peut aussi donner un médicament pour calmer l’angoisse la veille et le matin de l’injection. Beaucoup plus rarement, elle est faite sous anesthésie générale juste avant une opération programmée ou pour atteindre un muscle profond.

10 – Doit-on avoir peur de la toxine ?

Les effets secondaires, une fatigue inhabituelle le plus souvent, sont assez rares. Les enfants à la déglutition difficile peuvent avoir plus de difficultés, surtout si l’injection est faite au niveau du cou. Quant au développement du botulisme, c’est exceptionnel et cela se traite. Prévenez l’équipe médicale en cas de problème.


Références