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La scolarité en question Version imprimable Suggérer par mail
25-10-2009
Comment marche la scolarisation individuelle en milieu ordinaire ? Quel est le rôle de l’enseignant référent ? L’attribution d’un AVS est-elle automatique ? A l’occasion d’une rencontre organisée par l’association Halte Pouce, à Montpellier, le 24 mars 2009, des parents ont livré leurs inquiétudes et obtenu des réponses de professionnels présents. Morceaux choisis.

Les participants

Roman, papa de Nathan, 11 ans, polyhandicapé
Jean-Marc, enseignant référent
Valérie, maman de Damien, 10 ans, dysphasique et dyspraxique, et Aurélien, 13 ans, Asperger
Marie, enseignante référente
Solange, fondatrice de l’association Halte-Pouce
Sylvie, maman de Matthieu, 17 ans trisomie 21
François, papa de Philomène, 6 ans, sourde profonde

La question qui dérange

« Un directeur d’école peut-il refuser mon enfant ? »
Roman [papa] La scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire est désormais prévue par la loi, mais concrètement qui le décide ? Est-ce que le directeur d’école a le droit de dire « cet enfant-là, je n’en veux pas » ?
Marie [enseignante référente] Non, ce n’est pas à lui d’arbitrer cette décision, mais à une équipe éducative qui inclue les parents. L’adaptabilité de l’école est prévue dans les textes. Bien sûr il ne s’agit pas de scolariser à tout prix un enfant handicapé qui ne pourrait pas suivre ou perturberait la classe, mais l’idée est d’identifier les moyens à mettre en œuvre pour s’adapter à sa déficience (Sessad, AVS etc.).

La situation (qui semble) invraisemblable

« Elle n’avait jamais entendu parler de mon fils »
Valérie [maman] Mon fils aîné est Asperger. Jusqu’à la moitié du collège, l’enseignante référente n’est jamais venue à aucune réunion le concernant. Pour son entrée en 4ème, nous avons demandé une AVS mais elle a posé son véto, prétextant qu’elle ne connaissait pas cet élève…
Jean-Marc [enseignant référent] ça paraît invraisemblable, d’autant que c’était à elle d’organiser ces réunions… Sachez en tout cas que les coordonnées de l’enseignant référent sont affichées dans l’école de votre enfant. Contactez-le, faite-vous connaître auprès de lui ! Une précision à la décharge des enseignants référents : certains d’entre nous font face à une tâche démesurée. ça ne justifie pas une absence répétée aux réunions, mais il est difficile de suivre efficacement chaque situation quand on doit assumer plus de 350 dossiers, parfois sur un périmètre étendu.

Le souvenir douloureux

« Au seuil du CM1… On l’a mis dehors »
Sylvie [maman] Mon fils trisomique a été scolarisé en milieu ordinaire jusqu’en CE2. Puis au seuil du CM1, on l’a mis dehors. Trop vieux ! Il avait 12 ans. Du coup, il a été obligé d’intégrer une UPI où l’enseignant bêtifiait les élèves. On lui faisait mettre un soleil sur la porte pour dire qu’il faisait beau, un nuage pour dire qu’il faisait mauvais. Mon fils sait lire, écrire et on lui parlait comme à un petit de maternelle. Il n’a fait aucun apprentissage à cette période. Il a finalement rejoint un établissement spécialisé, où il est très heureux. Intégration vous avez dit ?

La vérité qui fait mal

« La formation des enseignants, ça pêche un peu »
Solange [fondatrice de Halte Pouce] Il existe un grave déficit de formation des enseignants sur la question du handicap. J’ai assisté il y a quelques semaines à une réunion rassemblant des enseignants de maternelle et un inspecteur d’éducation spécialisée, et j’ai été stupéfiée par le niveau des questions posées. Il révélait une grave méconnaissance de la problématique du handicap.
Sylvie [maman] Il faut dire que l’Education nationale ne fait aucun effort pour inverser la tendance ! Avec mon association de parents, nous avons proposé à plusieurs reprises des formations aux IUFM. Réponse systématiquement négative. Du coup, c’est le statut-quo. Les enseignants n’ont que quelques heures de formation sur le handicap. Autant dire que s’ils ne font pas eux-mêmes l’effort d’en savoir plus, leur compétence en la matière reste très basique.

 

Le coup de colère

« AVS… De qui se moque-t-on ? »
François [papa] Ma fille est sourde profonde. Nous avons demandé une AVS maîtrisant la LPC (langue parlée complétée). Au rectorat, la personne chargée du recrutement des AVS m’a fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur une démarche de formation personnelle de l’auxiliaire « vu ce qu’ils sont payés »… Mais à quoi sert-il d’embaucher des gens si l’on sait d’emblée que leur accompagnement sera inadapté ? De qui se moque-t-on ?
Jean-Marc [enseignant référent] Le problème c’est ce n’est pas un métier, c’est une fonction accessible à différents profils (étudiants, rmistes, chômeurs etc.). Or bien que la majorité de ces personnes soit très volontaire, elles n’ont pas toutes les mêmes aptitudes à être un bon AVS. Tant qu’on ne transformera pas cette fonction en « vrai métier », avec une formation et un meilleur salaire, ça n’évoluera pas.

Focus sur… Halte Pouce
Elle a été créée en 2005 par des parents et des professionnels afin d’apporter du soutien aux familles. Elle pilote un service de répit à domicile et un service d’accompagnement pour aider les enfants et ados handicapés à accéder aux loisirs ordinaires. Halte pouce anime aussi un pôle informations et organise chaque année une dizaine de cafés parents, des soirées débats autour de thèmes variés en phase avec les préoccupations des familles.
Plus d’infos : www.halte-pouce.fr ou 04 67 42 94 10 / 06 60 67 38 53



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