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Scolarité compliquée ? Optez pour l’école à la maison

L'école à la maison ? Pourquoi pas !
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En classe, votre enfant handicapé s’ennuie, s’agite et ne profite pas vraiment des cours. Une piste à explorer si vous en avez le temps et les compétences : l’école à domicile.

Votre enfant handicapé peut ne pas être heureux à l’école

Il y a mille façons de réaliser que cela ne va pas fort à l’école : des pleurs au moment de partir à l’école, des troubles du sommeil… Parfois l’observation est directe. « Un jour, j’ai observé William par la fenêtre, explique Caroline, sa maman. Mon fils présente un trouble du spectre autistique. Il était à l’écart, n’interagissait pas avec les autres. J’ai réalisé qu’il n’était pas dans son élément. » Place donc aux cours à domicile.

La loi vous autorise à faire l’école à la maison

Si vous pensez pouvoir faire mieux que l’école, et faire classe à la maison, la loi vous y autorise. « L’instruction est obligatoire pour tous les enfants (…), à partir de 6 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Les parents peuvent choisir (…) d’assurer eux-mêmes cette instruction. » Si l’école se fait à la maison, un contrôle académique obligatoire a lieu une fois par an, afin de s’assurer que les progrès de l’enfant sont au rendez-vous.

Ne pas rompre avec le système scolaire classique

L’école à la maison n’est pas contrainte de respecter stricto sensu les niveaux scolaires (CP, CE1…). Mais il est grandement conseillé de s’y référer. Car il faut ménager la possibilité pour votre enfant de revenir à une scolarité plus classique. L’enfant en situation de handicap peut aussi exprimer la volonté de retourner à l’école. Si les cours à domicile se sont trop éloignés du système de scolarité traditionnelle, le retour à la réalité pourrait alors se révéler compliqué.

Comment bien organiser l’enseignement à domicile ?

Poursuivre Lulu pour qu’il vienne s’asseoir ? Mauvaise idée. Plus l’enfant est jeune et plus le handicap est prononcé, plus la marge de manoeuvre est nécessaire. « Avec William, on travaille quand il est disponible, confie sa mère. On planifie des heures de travail où la concentration est optimale. Lorsqu’il veut être tranquille, je le laisse faire. D’autant plus que lorsqu’il joue à cache-cache avec sa grande sœur… il compte. C’est aussi un apprentissage. »

Pour se faire des copains, les activités extra-scolaires existent

Une des grandes craintes qui existe, c’est celle des parents qui se disent « ça y est, j’ai déscolarisé mon fils. Mais ne vais-je pas compliquer sa socialisation ? » Heureusement, les activités sont nombreuses pour que Lulu se fasse des amis ailleurs qu’à l’école : musique, judo, scouts. Il reste que lorsqu’un enfant ne fréquente pas l’école, il devient encore plus important de lui trouver une activité où il côtoiera ceux de son âge.

Il faut rester un papa et une maman avant tout

Il existe aussi des structures afin de faire venir des enseignants à domicile. « Il y a ainsi moins d’affect par rapport à une situation où le parent fait l’école, note Lydie Jacquin, directrice de l’école primaire (gratuite) France Quéré (association Votre école chez vous). Il y a une relation entre l’élève et l’enseignant où ce dernier aide seulement l’enfant à acquérir les apprentissages. Cette scolarisation à domicile permet aux parents de rester « papa et maman avant tout ».

Vous pouvez alterner école à domicile et présence en classe

Avec la solution proposée par cette association, l’objectif est aussi de permettre à l’enfant de maintenir une scolarité en milieu ordinaire, dans le respect de ses capacités. « Nous fonctionnons souvent par demi-journées, avec cours à la maison le matin, puis classe l’après-midi, pour permettre à l’élève de rester en relation avec ses pairs », témoigne Lydie Jacquin.

Avec l’école à la maison, il progresse

Caroline, maman de William, 5 ans, atteint d’un TSA.

Quand Wiliam est rentré à l’école, tout a été vite compliqué. Il ne faisait rien, ne participait pas aux activités. À l’époque, je ne doutais pas qu’il avait un TSA, mais je voulais lui laisser du temps. Au bout de quatre mois, rien n’avait changé. Je me suis alors lancée dans l’école à la maison, et j’ai aussi embarqué sa grande soeur dans l’aventure. Au début, il n’était pas très curieux. Désormais, il progresse. On navigue entre les différents niveaux de maternelle, je m’adapte à ses envies du moment. Il reconnaît bien les lettres et les sons, a plus de mal au niveau de l’écriture. Je le sens en tout cas plus heureux qu’à l’école.

Vincent Huchon


Références