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Salarié handicapé et bien intégré aussi !

Close up portrait of young businessman with down syndrome doing accounting on laptop outdoors.

À force de ténacité, il a réussi à décrocher un emploi, un vrai ! Mais comment son intégration va-t-elle se passer ?

Que les salariés soient préparés

L’arrivée d’un nouveau collègue provoque toujours un petit bouleversement dans la vie d’un salarié, surtout s’il a une spécificité. « Avant, il faut interroger ses collègues, savoir s’ils ont des questions, les préparer à côtoyer le nouvel arrivant. Sinon, c’est voué à l’échec » annonce Julie Grange, chargée de mission chez Handicap-job.com. Avec une difficulté supplémentaire si cela implique des déplacements de bureaux ou des adaptations de l’espace de travail.

Être encadré, c’est (presque) fini !

« Le monde de l’entreprise n’est pas celui de l’école, note Julie Grange. Oui, il y a une certaine tolérance avec la personne en situation de handicap. Mais comme pour tout nouvel arrivant dans une structure, il va falloir rapidement faire ses preuves. Cela peut être un peu déstabilisant si la personne a souvent eu l’habitude d’être accompagnée et encadrée. »

Être un salarié le plus naturel possible

Tout salarié qui débute une nouvelle carrière doit trouver sa place dans la société.
« Il ne faut toutefois pas aller à l’encontre de ce qu’on est ou trop en faire, tempère Julie
Grange. Chacun a droit à son jardin secret. Attention aussi à la curiosité malsaine des autres. On peut aussi taire l’origine de son handicap car le justifier n’aidera pas à mieux s’intégrer. » Antoine Durand, salarié en fauteuil roulant, est catégorique : « Si le contact ne se fait pas naturellement, il ne faut pas hésiter à aller vers les autres. Nous aussi avons notre part à jouer dans notre intégration. Le contact sera plus facile avec les salariés qui ont des personnes handicapées dans leur entourage. Il y a aussi ceux que ça dérange et qui ne savent pas trop de quoi discuter mais il n’y a jamais de malaise. C’est normal de s’entendre avec certains plus qu’avec d’autres, c’est la même chose pour les valides. » Alors, faites le premier pas !

Ne pas croire que tout sera simple…

Julie Grange ne le nie pas : « Dès que le handicap commence à être lourd, visible ou qu’il y a un fauteuil, tous les petits moments du quotidien deviennent plus compliqués. » Par exemple une arrivée quelques minutes après les autres au café du matin ou à la réunion hebdomadaire, car il a fallu trouver l’ascenseur adapté. Antoine Durand est du même avis : « On reste toujours un cas à part. Dès l’entretien d’embauche, quand il faut prouver plus que les autres, jusque dans les réunions, où ma voix ne porte pas assez car je suis sous assistante respiratoire. Même pour les billets de train : la formule voyageur salarié en fauteuil roulant n’existe pas. Alors je dois avancer l’argent et me faire rembourser, tandis que mes collègues valides se connectent directement et c’est l’entreprise qui paie. »

Et si ça coince ? En parler !

Nouvelles responsabilités, nouvelles connaissances, nouveau statut… le nouveau salarié peut connaître un petit coup de mou.
L’entretien annuel d’évaluation peut être un bon moment pour en parler et dénouer d’éventuelles tensions. « La personne peut aussi se rapprocher de celui qui a pris la décision de le faire venir. Maintenir ce lien étroit est primordial pour savoir que l’on a toujours quelqu’un vers qui se tourner », ajoute Julie Grange.

Témoignage

Antoine Durand, chargé d’opérations immobilières chez un bailleur social, et atteint de la myopathie de Duchêne.

« Il y a de la solidarité »

« Je suis salarié depuis mai 2015 et tout se passe très bien avec mes collègues. Il nous arrive d’aller manger à l’extérieur, ou dans une salle de réunion. Je ne me sens pas mis à l’écart, je suis bien intégré et j’ai prouvé à mes responsables que j’avais les capacités à tenir le poste, malgré le fait que je ne puisse me servir que de ma main gauche. Nous sommes trois à exercer le même métier, un collègue prend parfois le relais quand le lieu extérieur est inaccessible en fauteuil. Il y a de la solidarité entre nous. Ceux qui travaillent avec moi pour la première fois sont un peu surpris. Ensuite, ils s’habituent et ils se rendent vite compte que je suis efficace ! »

Vincent Huchon


Références

  • (1)
    > www.depasser-son-handicap.fr Sur son blog, Antoine Durand parle du dépassement de soi et des difficultés lorsque l’on est confronté au handicap. Articles, podcasts, vidéos et conseils de lectures..
  • (2)
    > www.handicap-job.com Portail fondé en 2006 spécialisé dans le recrutement pour personnes en situation de handicap