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Régime sans viande sans risques ?

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Votre ado boude les steaks, les œufs, le lait… ? D’accord, les légumes c’est bon pour la santé, mais sûrement pas suffisant. Le point sur les menus sans viande (et moins encore si affinités) en cinq questions.

Végétarien, végétarien, vegan…

Manger un peu de tout est le meilleur garant de la bonne santé. Mais entre les modes, les scandales alimentaires, les considérations écologiques et la volonté de contrecarrer l’hégémonie de l’industrie agroalimentaire, l’assiette d’aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était. Certains se tournent vers le végétarisme (pas de viande, de poissons ni de fruits de mer), le végétalisme (on bannit également les produits laitiers, les oeufs et tout ce qui est d’origine animale comme le miel) ou même le veganisme (un mode de vie plus qu’un régime, qui exclut toute exploitation animale au-delà de la seule alimentation). Pourquoi pas, mais quels repères ?

Quels risques avec un régime sans viande ?

Dès que l’on supprime un groupe alimentaire, on s’expose inévitablement à un risque de carences. On peut compenser en privilégiant les aliments riches en protéines végétales, mais elles sont de moins bonne qualité. Seule la viande apporte les neuf acides aminés essentiels à l’organisme. Et si lentilles ou quinoa présentent un important taux de fer, celui-ci sera moins bien assimilé qu’avec un rôti de boeuf. Les produits laitiers, abandonnés par les végétaliens et les vegan, restent la meilleure manière de faire le plein de calcium. Quant à la vitamine B12, elle est très peu présente dans les céréales, moins encore dans les légumes – un manque susceptible de provoquer à terme une anémie.

Régime sans protéines animales avec un handicap physique ?

La croissance s’achève entre 11 et 15 ans chez une fille et entre 12 et 18 chez un garçon. Avant cet âge, tous présentent des besoins spécifiques en protéines et calcium pour un bon développement de leur organisme. Les adolescents atteints de handicap physique forment une population potentiellement plus fragile encore. Beaucoup de jeunes polyhandicapés se montrent ainsi dénutris, du fait de leur impossibilité à se mouvoir. Leur masse maigre, déjà inférieure à la moyenne de la population active, est grignotée en cas de manque de protéines et le risque d’ostéoporose, plus important au sein de cette population, se montre encore majoré. Un régime végétarien, mais surtout végétalien, risque donc d’accentuer ces carences alimentaires. Avec, à long terme, un possible effet délétère sur les fonctions cardiaques et respiratoires. On sera également particulièrement attentif en cas de myopathie : la dégénérescence motrice fait fondre le muscle et un régime faible en protéines n’est donc pas conseillé.

Pourquoi une alimentation sans viande ?

Si la raison de son régime alimentaire sans viande vient d’un manque de goût – voire d’un dégoût – pour les produits animaux, vous pouvez tenter de contourner le problème en les « cachant » parmi d’autres aliments : des cannellonis, des raviolis, du hachis parmentier. Un refus alimentaire peut aussi dissimuler un mal-être, une angoisse : tâchez de savoir si le problème est simplement gustatif ou psychologique.
En revanche, si son choix est idéologique, inutile de forcer les choses. Pour un ado qui se contente de bouder la viande, le choix reste encore large entre les légumineuses, les œufs, les produits laitiers… S’il a opté pour un régime vegan, assurez-vous qu’il sache et comprenne l’importance des différents groupes d’aliments et les risques inhérents à chaque carence.

Régime sans viande : compatible ou pas avec le handicap physique ?

Un régime sans viande ou un régime vegan n’est pas incompatible avec un handicap physique si l’on reste prudent : il est essentiel d’être suivi par un médecin et de pratiquer des bilans sanguins pour vérifier le taux des nutriments nécessaires. Un rendez-vous avec un(e) nutritionniste permettra également d’apprendre à suppléer les manques en associant les bons aliments entre eux. Par exemple, un plat composé de semoule et de pois chiches pallie efficacement l’absence de viande. De manière générale, il faut veiller à garder une alimentation aussi diversifiée que possible et compléter les légumes frais par des légumes secs (lentilles corail, haricots mungo, fèves… riches en protéines, fer et calcium), des céréales complètes, des graines (pour les vitamines et les minéraux), des épices et des condiments (thym, curry et gingembre présentent une forte teneur en fer). Dans le cas d’un régime végétalien ou vegan, une complémentation en vitamine B12 sera en outre nécessaire.

Merci à
Stéphanie Cordary Schmitt, diététicienne nutritionniste et formatrice à l’APF (Association des paralysés de France), ancienne formatrice au GPB (Groupe polyhandicap Bretagne), Stéphanie Nunes, diététicienne à l’IEM de Talence.


Références

  • (1)
    • Guide santé de l’enfant végétarien, Franck Senninger, éd. Jouvence, 2016, 8,70 €.
    • Cuisine végétarienne pour petits et grands, Nicola Graimes, éd. Modus Vivendi 2017, 17,95 €.
    • Vegan, Marie Laforet, éd. La plage, 2014, 29,95 €.