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Proches aidants : laisser (un peu) sa place aux pros

Vous avez trouvé de l’aide (ou vous y pensez), pour vous occuper de votre enfant ou jeune handicapé. Mais pas facile de laisser sa place à d’autres…

Près de 28 % des parents d’enfants et d’ados handicapés interrogés lors d’une enquête(1) les confient difficilement à d’autres personnes. Un récent baromètre des aidants(2) indique que parmi tous ceux qui aident un proche dépendant ou handicapé, seuls 30 % se considèrent comme « aidants ». Et parce qu’il n’y a pas (ou peu) de solutions adaptées et qu’elles coûtent cher, les aides humaines sont encore majoritairement apportées par les parents.

Qui peut m’aider ?

  • Un membre de votre entourage ou un professionnel d’association ou de service d’aide à domicile, auxiliaires de vie, aide-soignante ou infirmière.
  • Les interlocuteurs à solliciter pour vous aider dans les démarches administratives, mais aussi trouver des professionnels qualifiés : la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), le centre communal d’action sociale (CCAS) de votre commune, les associations (locales ou nationales) en lien avec le handicap de votre enfant, le service d’action sociale de votre caisse de retraite.
  • Vous pouvez aussi suivre des formations dispensées pour apprendre à déléguer, accepter d’être accompagné auprès du Centre d’information et de formation des aidants (CIF).
  • Vous ne trouvez pas d’auxiliaire de vie ou de garde d’enfant suffisamment qualifié ou vous n’êtes pas prêts à confier votre enfant ? Faites au moins appel à une aide ménagère pour quelques heures par semaine. Un moyen de vous soulager sur les tâches du quotidien et de vous reposer un peu, de passer du temps avec vos enfants, votre conjoint.

Comment financer cette aide ?

Dans le cadre de l’aide apportée à votre enfant, vous pouvez bénéficier de l’AEEH et de l’un de ses compléments (à revaloriser si besoin) ou l’AEEH de base + la PCH volet aide humaine(3) :

  • 3,73 €
 Pour le dédommagement de l’aidant familial
  • 5,59 €
 Pour le dédommagement
 de l’aidant familial ayant réduit
 ou cessé son activité professionnelle
  • 13,61 € 
Pour une aide en emploi direct
  • 14,97 € Si vous faites appel à un service mandataire d’aide à domicile (vous êtes employeur)
  • 15,52 € 
Si vous faites appel à un service prestataire d’aide à domicile (vous faites appel à un service d’aide à domicile sans être employeur direct).

Avis d’expert

« Définir ses besoins et les préciser dans le contrat »

Angélique Le Borgne, directrice juridique de la Fédération des particuliers employeurs (FEPEM).

Avant de chercher la bonne personne, il est important de bien définir ses besoins : deux heures par jour, quelques heures par semaine ou présence 24h/24 ? En fonction de ce qu’on lui demandera de faire, il faudra définir « l’emploi-repère » de la personne que l’on souhaite employer. Pour les parents d’enfants handicapés, il s’agit de la catégorie «Garde d’enfant », y compris pour de l’aide humaine comprenant des soins. Ce qui sera un peu moins cher pour les parents en taux horaire qu’une auxiliaire de vie. Dans le contrat, il faudra se mettre d’accord dès le départ sur le temps de travail hebdomadaire, les horaires exacts, les tâches demandées au salarié. Il sera plus difficile de dire un mois plus tard qu’on aimerait qu’il effectue d’autres tâches, comme le ménage ou des lessives, si cela n’a pas été prévu au départ.

Pour connaître l’emploi-repère de la personne que vous souhaitez embaucher, faites une simulation de l’emploi des salariés du particulier employeur.

Témoignage

« Je percevais l’auxiliaire de vie comme une rivale »

Le cas de Patricia, maman de Yannick, 29 ans, en situation de handicap mental.

Yannick était logé en foyer d’hébergement et travaillait en ESAT, suite à des soucis il n’a pas pu y rester. Comme il ne voulait pas retourner chez nous, nous l’avons accompagné pour trouver un appartement et je l’aidais pour les lessives, les repas, les courses…. J’étais épuisée et cette situation ne nous convenait pas. Yannick: « Arrête de regarder dans mon frigo ! » me disait-il.
Solution trouvée : par l’intermédiaire de l’association HanDrôme Ardèche, nous avons trouvé une association prestataire d’auxiliaires de vie formées au handicap. L’auxiliaire l’aide à préparer ses repas, les courses, l’accompagner chez l’opticien …
Financement : Yannick a pu financer son intervention de 6 heures par semaine avec la PCH aide humaine complétée par son AAH pour le surcoût.
Ce que j’en pense : J’ai eu beaucoup de mal à accepter l’auxiliaire, j’avais l’impression qu’elle prenait ma place. Et puis je me suis rendue compte de son professionnalisme, de son attitude bienveillante. Je voyais surtout Yannick heureux. Une deuxième personne lui a été attribuée pour pouvoir effectuer un roulement en cas de problème, vacances, et tout se passe très bien. Je peux de nouveau voir mon fils pour des loisirs et des échanges bien plus apaisés.

Isabelle Malo


Références

  • (1)
    Enquête réalisée en 2014 par Handéo auprès de 700 familles : « L’aide à la personne destinée aux enfants et adolescents en situation de handicap et à leurs parents ».
  • (2)
    Baromètre des aidants 2016 Fondation April/BVA.
  • (3)
    Montants au 1er janvier 2017