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PODD : un tableau pour réussir à s’exprimer

Votre enfant manque de vocabulaire ou s’énerve lorsqu’on ne le comprend pas ? Essayez le PODD (Pragmatic Organisation Dynamic Display).

Pictogrammes de communication

PODD pour Pragmatic Organisation Dynamic Display. Ces tableaux se présentent sous format papier ou numérique avec un vocabulaire organisé de manière spécifique.
Sur chaque page, des pictogrammes répertorient tout : couleurs, moyens de transport, envies, actions, corps humains, sentiments…

Autisme, paralysie cérébrale… Tous concernés

Créé par une orthophoniste australienne, Gayle Porter, l’outil était initialement destiné à des enfants atteints de paralysie cérébrale. Le PODD s’applique en fait à tous ceux qui ont des besoins complexes en matière de communication. Enfants autistes, souffrant des syndromes d’Angelman ou de Rett… Il donne à tous les moyens de s’exprimer. Son point fort : l’enfant ne se contente pas d’être dans la demande. Il peut donner son avis, dire ce qui ne va pas, commenter.

Un outil évolutif et adaptable

Il existe des dizaines de PODD différents, adaptables aux besoins de l’enfant. Si Lulu est très jeune, 9 pictos par page suffiront. Les plus grands, dont le vocabulaire s’enrichit au fil des années, utiliseront jusqu’à 100 pictos sur une double page. Il manque un mot ? Un système de liste, avec des cases blanches sur le côté, permet d’en ajouter à l’infini.

Avec le PODD, l’enfant gagne en autonomie

L’objectif principal du PODD est d’aboutir à la communication autonome : dire ce que l’on veut, à qui l’on veut et quand on le souhaite. L’outil n’est pas une obligation. « Il arrive que Jonas ne se serve pas du PODD et préfère à certains moments passer par les signes. C’est lui qui décide, témoigne Mathilde, maman du petit garçon atteint du syndrome d’Angelman. En tout cas, l’utilisation marque une évolution spectaculaire. »

Une stimulation du langage

Le PODD fonctionne par stimulation du langage assisté : l’entourage va « modéliser » le langage, c’est-à-dire pointer les pictogrammes tout en parlant à l’enfant, et cette stimulation va se faire en situation naturelle et authentique, tout au long de la journée et des activités.

L’entourage mis à contribution

L’enfant va apprendre en voyant faire ses proches, et pas seulement l’orthophoniste. Si les grands-parents, les parents ou encore les frères et les soeurs ou l’AVS se réfèrent le plus souvent possible au PODD, l’enfant se l’approprie au fur et à mesure. Plus l’outil sera régulièrement utilisé, plus la progression sera rapide.

Attention aux coûts et à la prise en main

Avant de prendre en main le PODD, il faut acheter deux logiciels : Boardmaker et PODD, dont le coût global avoisine les 500 €. La MDPH peut aider au financement, renseignez-vous. Les orthophonistes peuvent également s’en doter. Une fois imprimé, plastifié et relié, le maniement du PODD doit s’apprendre. « C’est comme une nouvelle langue, note Mathilde, qui a suivi plusieurs formations à l’étranger pour comprendre le fonctionnement. Et après, il faut faire comprendre aux professionnels que c’est utile. C’est un autre combat… ».

Vincent Huchon

Ressources

  • Le site de l’Afsa propose, dans sa rubrique Prise en charge > Communication alternative, une présentation détaillée du PODD et un document très complet de 9 pages, téléchargeable.
  • Pour se former, les sites CAApables.fr et Isaac proposent sessions collectives ou accompagnements personnalisés.
  • Côté achat, il est pour l’heure uniquement possible sur le site anglais Inclusive Tecnology.
  • Sur le blog tenu par la maman de Camille, jeune fille atteinte d’autisme, elle explique avec sincérité et émotion comment elle se sert du POOD.

Témoignage

Mathilde, maman de Jonas, 9 ans, atteint du syndrome d’Angelman.

Avec le PODD, son évolution a été spectaculaire

Le PODD a profondément révolutionné mon approche de la communication alternative, que j’ai commencée à pratiquer avec Jonas quand il avait 2 ans. Avant le PODD, j’utilisais d’autres méthodes, comme PECS ou Makaton, et même la langue des signes. Mais le PODD m’a fait réaliser que je limitais le vocabulaire de Jonas. Il a profondément changé, a grandement évolué. Il s’est mis à utiliser des mots dont je ne soupçonnais pas qu’il voulait les exprimer. Mais c’était parce qu’il n’avait pas les outils pour les dire. Le PODD devient la voix de l’enfant. Je ne l’oblige pas à l’utiliser, je sais juste que j’ai un outil robuste dont je peux me servir à tout moment car il y a tout le vocabulaire dedans.