Non l’avenir professionnel d’un enfant handicapé n’est pas (forcément) compromis. Oui, une formation est peut-être envisageable, comme une intégration en milieu ordinaire. Plusieurs acteurs du handicap ont même fait de cette question leur cheval de bataille. Déclic les a rencontrés. Leurs conseils : interrogez-vous sur l’orientation de votre enfant le plut tôt possible (dès la 3ème), faites-lui découvrir des métiers, aidez-le à suivre des stages, assurez-vous qu’il bénéficie d’un accompagnement adapté.
Faites-lui découvrir des métiers le plus tôt possible
Comment augmenter les chances de réussite de son projet quand on est porteur d’un handicap ? Pour l’association Arpejeh*, la réponse ne fait pas l’ombre d’un doute : se préparer en amont. C’est pourquoi elle propose des actions de sensibilisation auprès d’élèves handicapés de 3e. Objectif : leur faire découvrir un éventail le plus large possible de métiers.
« Par manque d’information ou par autocensure, beaucoup d’élèves handicapés n’osent pas formuler un choix ambitieux de formation, relève Boris Bertin, secrétaire général de l’association. Les stages, les rencontres, les visites d’entreprises permettent d’envisager d’autres possibles. Ils sont aussi l’occasion de déboulonner certains rêves, et, dans ce cas, il est bon que ce soit un professionnel – plutôt qu’un parent ou un prof – qui explique les difficultés du secteur ou du métier. »
L’Arpejeh propose des ateliers collectifs de découverte des métiers pour les élèves inscrits en établissement spécialisé (jeunes sourds ou aveugles, notamment). Elle répond aussi à des demandes individuelles et organise des visites d’entreprises.
Arpejeh, 141 avenue de Clichy, 75017 Paris, www.arpejeh.com *Accompagner la réalisation des projets d’études de jeunes élèves et étudiants handicapés
Retrouvez notre enquête Un emploi pour lui ? C’est possible ! dans le numéro mars-avril 2009 de Déclic.
Intégrer le milieu ordinaire ? Une question d'accompagnement
Comment construire un projet professionnel en milieu ordinaire quand on vient d’un établissement spécialisé ? La solution réside dans un accompagnement adapté. C’est en tout cas le point de vue de la CCI * de Strasbourg qui pilote, depuis 2003, un dispositif spécifique baptisé Parfait (Parcours de formation pour l’intégration au travail).
« Ce dispositif accueille une douzaine de jeunes de 16 à 18 ans que les établissements spécialisés estiment aptes à travailler en milieu ordinaire, mais qui ont besoin pour cela d’être accompagnés, indique Annie Ducarre, conseillère en formation. Durant une année scolaire, deux jours par semaine, ces jeunes bénéficient ainsi d’un programme pédagogique au sein de la CCI. »
Le programme se découpe en trois volets : découverte professionnelle (appuyée par des visites d’entreprises) ; connaissances transversales (raisonnement logique, hygiène et sécurité, informatique…) ; communication et développement personnel (avec, notamment, des ateliers théâtre, percussions ou cirque). S’ajoutent également trois stages en entreprise pour chaque stagiaire. Un dispositif qui ouvre au final un certain nombre de perspectives. Quelques-uns des jeunes sont embauchés à l’issue de leur dernier stage, même si la plupart poursuivent leur formation par l’apprentissage. * Chambre de commerce et d’industrie.
Retrouvez notre enquête Un emploi pour lui ? C’est possible ! dans le numéro mars-avril 2009 de Déclic. Lire aussi : Le CV vidéo fait mentir les clichés
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