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La maltraitance médicale selon Martin Winckler 

Martin Winckler, médecin et auteur de l'ouvrage "Les brutes en blanc"
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Absence totale de soutien, propos très durs, voire insultants, refus de soins…De nombreux parents d’enfants handicapés ont vécu ce que Martin Winckler dénonce dans son ouvrage Les brutes en blanc: la maltraitance médicale. L’écrivain médecin nous explique comment réagir.

La maltraitance médicale, c’est quoi exactement ?


« Un des premiers principes moraux de tout professionnel de santé doit être la bienveillance médicale et donc, la non-malfaisance. Porter un jugement négatif sur un enfant ou sur son parent lors d’une consultation, lui dire qu’il ne fait pas d’effort, que ce qui arrive est en partie de sa faute, est maltraitant. Un professionnel qui ne connaît rien au handicap ou à la problématique d’un patient handicapé et qui se permet en plus des commentaires désobligeants est maltraitant. L’une de mes amies, maman solo d’une fille handicapée de 12 ans, m’a souvent parlé d’un discours culpabilisant tenu par des professionnels allant jusqu’à dénigrer sa manière d’élever son enfant. C’est hors de propos, insupportable et inacceptable!

Médecin maltraitant ou « de mauvais poil », comment savoir ?

Un médecin qui critique son patient, qui lui coupe la parole, qui se montre froid ou autoritaire n’est de toute façon pas un bon médecin. Lorsque j’étais jeune généraliste, j’ai été confronté à des situations où je ne me sentais pas compétent. Cela n’empêche pas de demander un deuxième avis à des confrères ni d’être à l’écoute du patient ou de sa famille. Un médecin ne peut pas refuser un enfant ou une personne handicapée en consultation médicale sous prétexte de ne pas savoir faire. On peut toujours faire quelque chose et s’adapter à un patient. Dans le cas contraire, et pour ne pas rompre la chaîne des soins, un médecin qui rencontre vraiment des difficultés ou se sent impuissant doit pouvoir orienter ses patients vers d’autres confrères qui pourront prendre le relais. Être empathique, c’est s’intéresser à ce que vit l’autre, même si on n’a pas toutes les clés pour lui venir en aide.

Comment se protéger contre la maltraitance médicale ?

Il ne faut pas hésiter à sortir de cette déférence typiquement française à l’égard des professionnels de santé et oser dire: « De quel droit me parlez-vous de cette façon? ». Vous estimez qu’un professionnel de santé va trop loin dans ses propos, qu’il vous parle mal? Dites-le lui simplement et calmement. Un médecin bienveillant doit écouter votre critique et être capable de s’excuser. On n’ose pas toujours le faire sur le moment, il ne faut donc pas hésiter à le faire par écrit et à lui transmettre par la suite. On peut aussi se plaindre à la commission des droits de l’établissement de santé, au Défenseur des droits et quand ça va trop loin, porter plainte au pénal. Les meilleurs pros n’ont pas toujours pignon sur rue. Internet, et notamment les réseaux sociaux, sont un moyen de se passer de bons contacts, y compris de médecins qui ne sont pas forcément chefs de service ou bardés de diplômes, mais qui sont à l’écoute des familles. »

-Les brutes en blanc, Martin Winckler, éd. Flammarion, 16,90 €.

Le psychanalyste parfait est un connard ! Maud Lacroix, illustrations Peter Patfawl, éd. Devarly, 17 €.

Maltraitance médicale : Il faut fuir certains psys 

Maud Lacroix, maman d’Alexyan, un petit garçon autiste de 8 ans,
et auteure de l’ouvrage Le psychanalyste parfait est un connard !

 « j’ai eu envie de dénoncer par l’humour et sous forme de caricatures avec l’aide d’un ami dessinateur des propos
comme : “votre mari vous a-t-il pénétrée correctement ?” ou
encore “avez-vous été victime d’incontinence fécale pendant l’accouchement ?” des phrases prononcées par des soi-disant médecins à la recherche de causes à l’autisme de mon fils. Il existe de nombreux progrès en matière de diagnostic et de prise en charge et tous les psys ne sont pas horribles, mais certains continuent
de tenir les parents pour responsables et de leur faire savoir de cette façon. Des propos extrêmement violents dont je préfère rire aujourd’hui, mais qui m’ont fait beaucoup de mal et qui ne seront jamais oubliés. J’invite les parents à ne pas se laisser faire,
à dénoncer quand c’est possible, mais surtout, à fuir ce genre
de professionnels ! »

Crédit photo : Rachel Baker

Isabelle Malo