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Maman d’enfant handicapé, j’ai fait un burn-out

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Un tabouret jeté contre le mur par son fils et Sandrine a fait sa valise.  Elle n’est pas allée loin, mais c’était nécessaire. Témoignage d’un burn-out que Sandrine a partagé sur la toile et dont elle sort peu à peu.

Sandrine est la maman d’un garçon de 14 ans, TDAH, et d’un petit de 7 ans, précoce avec un haut potentiel intellectuel (HPI). Elle gérait tant bien que mal un quotidien pesant quand la goutte d’eau a fait déborder le vase. Une fois de plus, son plus jeune fils n’a pas pu gérer sa frustration : en cause,  un yaourt non désiré pour le petit-déjeuner, qui l’a poussé à balancer son tabouret contre les murs de la cuisine. Sandrine ne l’a pas encaissé comme d’autres fois. En quelques secondes, elle a bouclé ses valises. Son conjoint l’a prise de revers en lui disant que c’était une bonne idée de fuir ainsi. « Ça m’a d’abord vexé, explique Sandrine. Puis j’ai saisi la brèche et je suis partie m’enfermer seule, trois jours, dans la maison de campagne de mes parents. » Sandrine a fait du sport, lu des livres, libre de toute contrainte horaire, et de ses responsabilités.

« Ça s’est aggravé avec le temps »

Avec le recul, Sandrine a réalisé que l’épisode du yaourt n’était pas la vraie raison de son burn-out. « Mon fils aîné a été difficile à gérer pendant des années. Il a un comportement intrusif, que je vis comme une agression. Mon plus jeune ne sait pas gérer sa frustration, avec lui tout est une question de négociation. Je mène une lutte permanente, qui se termine par des crises de plus en plus violentes. Avec eux la journée n’est jamais terminée… »

La peur de craquer

« Je ne me sentais pas le droit de lâcher, alors j’ai tenu le coup en attendant que ça passe. Pendant des années, j’ai eu peur de craquer. Jusqu’au jour où je n’ai pas pu me retenir d’exploser ! J’avais l’impression qu’on m’avalait toute crue, que mes enfants se servaient de moi comme d’un punchingball. Même un bisou était devenu agressif. Si je n’étais pas partie ce week-end-là,  je ne sais pas ce qui aurait pu se passer… », raconte Sandrine.

Affronter le regard des autres

Sandrine ne regrette pas d’être partie, mais plutôt de l’avoir fait sous l’emprise de la colère. « Je ne suis pas fière d’être partie en claquant la porte de la sorte car cela a fait peur à mes enfants. Mais je pense que ça a été salvateur pour tout le monde. Si c’était à refaire je n’attendrais pas autant. »
De son escapade, elle en a écrit un article qu’elle a publié sur son blog Maman@home. « Mes lectrices ont été très compréhensives et bienveillantes, contrairement à la majorité des internautes ayant découvert mon article repris par le site Lalibre Belgique. Leurs propos étaient haineux et violents, ils  m’ont traitée d’égoïste, j’ai été accusée d’avoir abandonné ma famille, de ne pas savoir m’occuper de mes enfants prétendument « atypiques ». Quand on fait un bun-out professionnel, craquer est normal, tout le monde peut comprendre. Mais quand ce sont vos propres enfants qui vous poussent à bout, alors vous devez assumer avec le sourire. Je ne suis pas d’accord ! On peut craquer et ne pas être une mauvaise mère pour autant. Cette escapade de quelques jours m’a permis de prendre du recul. Je l’ai fait, et ça m’a procuré un bien fou. Je me rends compte aujourd’hui que j’ai le droit de prendre du temps pour moi, que j’ai le droit de ne plus supporter. Et que ce n’est pas grave. La peur de craquer a été bien plus angoissante que celle de passer à l’acte. »

Vanessa Cornier