|
Handicap mental et prisons : à quand la fin du scandale ? |
|
|
|
11-05-2009 |
A ce jour, la population carcérale compte quatre à cinq fois plus de malades psychotiques que le reste de la population. Tandis que cette situation est connue des autorités, aucune mesure n’est prise pour réorienter les malades vers un lieu plus approprié. Déclic a posé La question qui fâche au ministère de la Justice : quand va-t-on sortir des prisons les malades mentaux qui n’ont rien à y faire ? La réponse de Guillaume Didier, magistrat et porte-parole de Rachida Dati, ministre de la Justice.
« Les études du ministère de la Santé confirment qu'un nombre important de personnes présentant des troubles graves de la personnalité se trouve en milieu carcéral. Il convient de rappeler qu’une personne ne peut être détenue que sur une décision de justice, rendue par un ou plusieurs juges totalement indépendants et qu’il appartient aux seuls médecins de juger si l’état de santé physique ou mental d’un individu est compatible avec la détention. La prise en charge des soins aux personnes détenues et l’amélioration de cette prise en charge est une priorité pour le gouvernement. Actuellement plus de 830 personnels hospitaliers (150 psychiatres et 680 personnels non médicaux) interviennent auprès des détenus au titre d'une prise en charge psychiatrique. Au-delà de la présence d'un psychiatre dans chacun des établissements pénitentiaires, il existe 26 services spécialisés (les services médicopsychologiques régionaux - SMPR) situés dans les grandes maisons d'arrêt permettant d'accueillir pour des soins plus intensifs les malades atteints des troubles les plus graves.
Lorsque l'état de santé du détenu est jugé incompatible avec le maintien en détention (y compris en SMPR) une hospitalisation d'office est prononcée par le préfet sur proposition médicale (article D 398 du code de procédure pénale). Ce dispositif de soins sera très largement amélioré dès l'année prochaine avec l'entrée en service des premières unités hospitalières spécialement aménagées (17 à terme représentant plus de 700 places) qui permettront, au sein des structures adaptées à l'intérieur d'hôpitaux, de concilier les soins et la sécurité. »
Découvrez la rubrique "La question qui fâche"
|