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Comment faire tomber les résistances à l’intégration scolaire ? Version imprimable Suggérer par mail
02-01-2005
La rédaction de Déclic invite régulièrement les parents d’enfant handicapé à venir échanger autour des thématiques qui intéressent la famille et l’entourage des enfants handicapés. Morceaux choisis de la rencontre qui s’est tenue à Lyon le 7 octobre 2004.

Les participants

Marie et Luc sont les parents de Baptiste, 4 ans, trisomique .
Christelle est la maman de Pierre, 4 ans, trisomique.
Nicole est la maman d’Hélène, 15 ans, infirme motrice cérébrale .
Catherine et Thierry sont les parents de Julia, 10 ans, infirme motrice cérébrale.
Agnès et Emmanuel sont les parents de Benoît, décédé d’une encéphalite herpétique, qui aurait 13 ans.
Jacqueline et Vincent sont les parents de Mathieu, 9 ans, atteint d’une maladie génétique.
Cécile et Pascal sont les parents de Sylvain, 26 ans, autiste.

Casser la peur

Marie Nous avons fait des tentatives pour intégrer Baptiste dès l’âge de 2 ans et demi. L’institutrice nous a dit qu’elle n’y connaissait rien et que ça l’effrayait. Elle partait avec de bonnes intentions, mais le contrat d’intégration a régressé en cours de route, parce qu’elle s’est aperçue que sans aide, elle n’y arrivait pas.

Luc La solution de l’école consiste trop souvent à réduire le temps de scolarisation des enfants à une ou deux heures par jour. C’est aberrant. Il faut une heure à un écolier trisomique pour se rendre compte qu’il est arrivé à l’école et se repérer !

Christelle Pour Pierre, c’était un peu pareil. À 2 ans et demi, on me proposait de le prendre les après-midi... au moment de sa sieste. Les choses se sont débloquées avec l’AVS. Coup de chance, elle a eu envie de se former et elle a fait des stages, de sa propre initiative.

Nicole Il y a un peu plus de dix ans, les écoles refusaient Hélène dès le premier coup de fil et sans même avoir vu quels étaient ses problèmes moteurs. Elle a fini par intégrer une CLIS 4, et nous avons fait le forcing pour obtenir l’ouverture d’une UPI. Une victoire, mais un résultat mitigé. Il n’y a ni ascenseur ni ordinateur, et l’enseignante change tous les ans. La dernière sort tout juste de l’IUFM. Je lui ai appris que ma fille pouvait faire de petits problèmes de maths. Nous avons été ravis, néanmoins, d’apprendre qu’elle souhaitait rester...

Catherine Julia est malhabile, mais son infirmité motrice cérébrale n’est pas très apparente. À l’école primaire, nous avons eu beaucoup de chance, tous les instits se sont adaptés. Dans les contrôles, elle n’était pas notée, par exemple.

Thierry Au fur et à mesure que la scolarité avance, les difficultés s’accroissent malgré les aides techniques (Julia a un ordinateur depuis deux ans). Ce qui a le plus compté, ce sont les individus. L’équipe enseignante nous a soutenus, parfois contre l’avis de la CCPE, qui proposait une CLIS plutôt que l’intégration individuelle.

Vincent Mathieu est déficient visuel et il a du retard dans les apprentissages. Au primaire, la directrice nous a dit que personne n’était volontaire pour l’accueillir. Nous avons mobilisé le réseau des professionnels qui intervenaient autour de notre fils, pour casser la peur. Parallèlement, la CDES nous proposait un établissement spécialisé en nous disant que tout autre choix serait risqué. Finalement, l’arrivée d’une nouvelle institutrice a changé la donne. Puis les enseignants ont suivi le mouvement, les uns après les autres.


Comment choisir la meilleure intégration ?

Catherine La tendance de la CCPE est de nous dire : « Ne vous cassez pas la tête, dans une classe spécialisée, ce sera plus simple. »

Nicole Il faut savoir que ce n’est pas forcément vrai. En intégration individuelle, un enfant peut avoir son AVS pour lui seul. En UPI, il y a deux adultes pour sept enfants qui ont parfois des niveaux très différents.

Agnès À l’époque, en 1997, nous avons financé une AVS et acheté l’ordinateur de notre fils. Cela prouve quand même qu’il y a du progrès !

Luc La CDES a voulu nous détourner de l’intégration individuelle. On nous disait : « Votre enfant est trop jeune », alors que les stimulations précoces sont bénéfiques chez les petits trisomiques. L’essentiel est que nos enfants partagent vraiment du temps avec les autres. Chez nous, l’UPI, qui correspond au collège, est isolée dans le lycée. Dans ce cas, ce n’est pas mieux qu’une institution.

Cécile Sylvain, qui est autiste, n’a pas eu de problèmes jusqu’à l’âge du primaire, puis il a fallu l’orienter en dehors du circuit scolaire.

Pascal Les enseignants étaient de bonne volonté, mais quand il a été question de lire et d’écrire, nous avons atteint la limite. Aujourd’hui notre fils fait du sport, il est bien en famille et s’épanouit autant que possible.


De vrais échanges

Daniel Benoît était valide, puis il est retourné dans sa classe, en fauteuil et sans parole, après une encéphalite herpétique. Nous habitons dans un village de sept cents habitants. Les instits ne se sont pas posé la question, ils l’ont repris, évidemment. Sans parler ni marcher, il avait peu de contacts avec des enfants de son âge.

Agnès L’école était capable de compenser cela. Un 1er avril, son copain est allé chercher la maîtresse en courant, disant que notre fils n’allait pas bien. Lui, qui ne parlait pas, s’est relevé en montrant un poisson !

Nicole Notre fille est intégrée dans un collège difficile. On se faisait un peu de souci, il faut voir comme les jeunes déboulent dans les couloirs. En réalité, l’arrivée d’une classe d’UPI a calmé le jeu. Ma fille suit un cours de musique avec un de ses copains en fauteuil. L’un et l’autre sursautent quand le bruit est trop important. Résultat : le chahut a diminué dans la classe. Quand elle est arrivée sans fauteuil au collège après une opération, elle s’est retrouvée la star de la cour. Il y a des échanges, vraiment.

Vincent Mathieu avait un désir d’intégration depuis tout petit, non pas pour être comme les autres, mais pour être à côté des autres.

Jacqueline Avoir forcé pour lui la porte de l’école a ouvert la voie pour d’autres enfants. Les instits nous ont parlé de la richesse qu’ils avaient trouvée à travailler avec lui.

Vincent Le dialogue était intéressant avec les autres parents d’élèves qui nous ont soutenus. Nous avons participé au grand débat sur l’école, avec, pour ma part, une question principale : comment faire connaître et diffuser l’information sur les bonnes expériences ?


(Source : Déclic n°103, janvier-février 2005)
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catherine - oups   | 90.14.20.47 | 18-12-2009 22:30:11
voici mon adresse mail: farin.catherine@hotmail.fr
catherine - demande de contact   | 90.14.20.47 | 18-12-2009 22:29:18
bonjour,
suite a la mise en place de la petition pour mon fils je souhaiterais entrer en contact avec Florence et Karine.
catherine - pas d'avs pour nicolas   | 90.52.3.102 | 26-11-2009 15:55:12
bonjour à toutes et à tous
comme je l'expliquais precedemment j'ai lance une petition dans l'espoir de toucher le plus de monde pour qu'ensemble nous fassions bouger les choses.
vous la trouverez sur le site: mesopinions.com (allez dans rechercher une petition, categorie enfant)
pas d'avs pour nicolas.
même si les choses semblent vouloir commencer a bouger (on aura peut etre quelqu'un debut decembre) je veux continuer a me battre pour que les choses avancent, pour plus qu'aucun enfant ne soit laisse sur la touche.
leur vie est déjà assez compliquee!
alors SIGNEZ
florence - avs   | 83.203.24.193 | 26-11-2009 14:49:24
il est important de parler des AVS. Je fais moimême parti de cette fonction et nous avons créé une association dans le 87. On se sent seul et on n'arrive pas à trouver des moyens pour se faire connaître... Ne laissons pas les enfants en situations de handicap otage des notes ministérielle qui nous disent comment faire notre travail sans savoir vraiment de quoi il en retourne.
Karine - témoignage d'une AVS aujourd   | 78.115.14.202 | 19-11-2009 09:25:06
J'ai lu avec beaucoup d'émotions tous vos témoignages ... après 6 années passées auprès d'enfants et d'adolescents attachants, qui m'ont donné bien des leçons de vie avec leur force d'esprit, je me retrouve aujourd'hui sans emploi ... non pas que ma mission ne présentait plus d'intérêt mais parce que l'Etat n'a pas renouvellé les contrats. Que ce soit en aide individuelle ou collective (puisque j'ai pu exercer dans les 2 situations), j'ai toujours trouvé du temps à consacrer à chacun, et j'espère les avoir aidés à devenir des personnes plus autonomes et plus confiantes en leur devenir. Chacun doit être considéré comme capable de progresser et c'est, à mon sens, le rôle le plus important de l'accompagnant que de valoriser au mieux chaque compétence, aussi minime soit elle !
catherine   | 86.200.57.61 | 12-11-2009 18:35:33
bonjour à tous,
je suis la maman de Nicolas qui est atteint du syndrome de Renpenning(maladie genetique orpheline), il presente un gros retard psycomoteur et a besoin imperativement d'une AVS voir EVS pour aller a l'école;en septembre l'EVS qui s'occupait de lui l'année dernière n'est pas revenue, on devait avoir quelqu'un à la rentrée de novembre, elle nous a fait faut bon.
j'en ai marre de cette situation, je suis fatiguée de toute cette hypocrisie (genre vous en faites pas on est avec vous; sauf que ces gens la quand ils ont referme le dossier tout va bien).
Aujourd'hui j'ai un petit garcon qui ne comprend pas pourquoi on ne veut pas de lui, il me dit: mais maman je suis gentil!
j'en ai marre de remplir tous ces dossiers, de me battre en permanence pour que ses droits soient respectés.
JE VEUX QUE CA CHANGE!
il faut que nous nous unissions tous pour nos petits bouts.
j'ai lancé une petition et j'espere recueillir le maximumn de signatures.
si vous avez d'autres idees ou con...
malburet cathy - comment faire accepter la diff   | 77.192.146.97 | 20-10-2009 08:36:43
aujourd'hui dans les écoles on a encore beaucoup de mal a faire accepter la différence ou le handicap de l'autre ,ce ne viens pas des enfants "ordinaire "mais des parent voir de l'École , combien de fois j'ai entendue :"non nous ne pouvons pas prendre votre enfant , nous ne sommes pas former, les structures ne son pas adapter ou encore il faudrais qu'il s'adapte a la classe " pour un autiste moyen cela vas être dur !!! et j'ai pour réponse en générale :" si vous aller dans un pays etranger c'est qui qui s'adapte? vous ou le pays pour vous ? et la vous connaissez la réponse ... en faite les personnes sont partisans du moindre effort , surtout que cela ne change pas nos petites habitudes!! et les autres que vont ils penser ??? voila pour la majorité des écoles ... attention je n'est pas dit que toutes les écoles étaient comme cela heureusement que non !!! mais il y a encore des gros efforts a faire ,cela est certains !!!la France a un grand retard sur la scolarisation...

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Chroniqueur au magazine Déclic, Thierry Decloitre, est l’auteur de L’éternelle spectatrice, aux éditions Desclée de Brouwer.
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