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Droit au répit : oui, mais comment en faire une réalité ? Version imprimable Suggérer par mail
14-02-2011
photoUne vingtaine de parents et de professionnels ont confié leur expérience lors d’une rencontre-débat organisée par l’association L’Esperluette le 25 novembre à Toulouse.

 

Les participants

Jeanne, maman de Cyann, 11 ans, infirme motrice cérébrale.
Françoise Lacaze, directrice de l’Esperluette.
Anne, maman d’Emmanuel, 25 ans, autiste.
Emmanuelle, maman d’Hugo, 10 ans, infirme moteur cérébral.
Simon Thouvenin, responsable du Service pour l’intégration en accueil collectif de mineurs (SIAM) de l’Union française des centres de vacances et de loisirs (UFCV).
Renée, maman d’Élie, 21 ans, atteint de trisomie 21.
Nelson Bernardo, responsable du dispositif Intégration Handiligue Jeunesse de la ligue de l'enseignement
Nelly, maman de Vivian, 38 ans, atteint de la maladie de Norrie.
Isabelle, maman d’Anéka, 12 ans, infirme motrice cérébrale.
Sophie Jollain, sophrologue.


L’idée originale

« On ouvre la maison aux amis pour lâcher prise »
Jeanne. Pour moi, le répit ne suppose pas forcément de me séparer de ma fille ou de rejoindre un lieu spécialisé. Parfois, on a envie de souffler tout en restant chez soi, entouré de sa famille. Avec mon conjoint, nous avons eu l’idée d’ouvrir la maison aux amis et aux voisins, plutôt que d’envoyer Cyann ailleurs. Du coup, au cours de ces rencontres, certains lui donnent à manger ou jouent avec elle. Dans ces moments-là, nous sommes moins rigoureux sur sa façon de se tenir à table, sur les règles à respecter. Mais notre fille a la « banane », et pour nous c’est vraiment une source de repos.

Françoise Lacaze (directrice de l’Esperluette). Il existe des solutions, comme les lieux d’accueil temporaire, les maisons de répit, l’accueil familial etc., mais cela n’empêche pas d’inventer ses propres solutions. Par ailleurs, le répit peut prendre différentes formes. Ce n’est pas nécessairement les week-ends ou les vacances, cela peut être une heure ou deux par semaine.

Le coup de colère

« Il faut toujours tout réexpliquer »
Emmanuelle. Quand je veux trouver une colo pour mon fils IMC, il faut que je m’y prenne six mois à l’avance. Je dois d’abord repérer une structure qui accepte de l’accueillir, puis m’employer à tout réexpliquer au directeur. Sans compter que le thème de la colo doit correspondre aux goûts d’Hugo, parce qu’il n’est pas question de l’envoyer faire n’importe quoi sous prétexte qu’on accepte son handicap…

Simon Thouvenin (responsable de l’accueil des enfants handicapés à l’UFCV). Le problème, c’est que devant tant de portes fermées, certains parents n’osent plus dire les réels besoins de leur enfant. C’est risqué, car cela peut placer les accueillants dans une situation délicate.

Renée. Mon fils est toujours parti en centre de loisirs avec son passeport « Qui suis-je ». Il y présente ses goûts, ses besoins : « Adressez-vous à moi de cette façon », « J’ai peur de ceci, de cela », etc. ça fonctionne bien.

Le point d’achoppement

« Ils n’avaient que le BAFA et ça se passait très bien… »
Anne. Pour moi, la formation des encadrants n’a jamais été un critère. Quand notre fils autiste était petit, on s’est accordé plusieurs fois de partir en vacances sans lui. On avait besoin de passer du temps avec nos filles. À l’époque, ce qui m’importait lorsque je cherchais un lieu d’accueil, c’était le taux d’encadrement, pas forcément le niveau de formation. En général, les animateurs n’avaient que le BAFA, et ça se passait très bien.

Emmanuelle. Depuis des années, je fais venir des étudiants à la maison pour s’occuper de mon fils. Ils sont issus de la filière psycho, mais ils se débrouillent bien. Je les laisse se former entre eux : pendant un mois, j’en rémunère deux, le temps que le premier passe le relais.

Jeanne. Pour moi, cette question dépend quand même du handicap. Je ne laisserais pas ma fille dans le milieu ordinaire avec des gens qui ne sont pas formés. Lorsqu’on a une enfant qui fait des fausses routes, des gestes incontrôlés, des crises d’épilepsie, on est obligé d’y réfléchir à deux fois.

Nelson Bernardo (responsable d’Intégration Handiligue Jeunesse). Ce qui est certain, c’est que les parents détiennent une expertise précieuse qu’il faut réussir à transmettre aux professionnels. Souvent, je me dis que ce sont les familles qui devraient former les directeurs de centre…

La vérité qui fâche

« Les aides ne sont pas à la hauteur »
Françoise Lacaze (directrice de l’Esperluette). Aujourd’hui, quand on est parent aidant, on peut avoir un coup de pouce par l’intermédiaire de la prestation de compensation du handicap (PCH). On peut faire apparaître des besoins de temps de répit pour financer une aide ménagère, par exemple. Il faut y penser quand on remplit sa demande d’allocation.

Nelly. Moi, je n’en suis pas satisfaite. Quand on sollicite une subvention pour un centre de vacances ordinaire, on vous accorde une somme pour quatre ans… Autant dire que ce n’est pas à la hauteur. Pourquoi mon fils ne pourrait-il pas partir autant que les autres ?

Focus sur… l’Esperluette
L’association L’Esperluette accueille et informe les familles et les professionnels concernés par le handicap à Toulouse et dans la région. Elle propose des temps de rencontre et d’échange, des ateliers, des groupes de parole pour les parents, les frères et sœurs, les proches d’une personne handicapée, sur des thèmes variés en lien avec le quotidien des familles.
Plus d’infos : Françoise Lacaze, 05 61 80 89 34, http://lesperluette31.voila.net


 




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Virginie Liabeuf - du temps pour tous   | 79.86.114.183 | 29-05-2012 15:32:27
Bonjour je suis monitrice-éducatrice diplômée et expérimentée dans le milieu de l'enfance et du handicap.
Je suis consciente des difficultés pour les parents de pouvoir prendre quelques heures dans la semaine sans avoir le souci de savoir qui va garder son enfant. J'ai envie d'exercer mon métier d'une façon différente c'est pour cela que je fais de la garde à domicile pour des enfants handicapés.
Mon secteur s'éteint de Bourgoin-Jallieu à Vienne et leurs périphéries.
N'hésitez pas à me contacter au 06 75 46 65 50.
royer - garde d'enfants en situation     | 78.249.217.186 | 17-11-2011 09:31:48
Bonjour,
Monitrice éductrice diplômée et expérimentée dans le secteur de l'enfance et du handicap.
A ce jour je propose mes services de garde à domicile pour les enfants porteurs de handicap.
Dans le secteur de Toulon et ses alentours.
Pourquoi se service?
Afin de donner un coup de pouce aux familles. leur offrir un soulagement et surtout un peu de répit. Une aide face à la compléxité du handicap. Ces services adaptés permettent d'avoir une solution personnalisée par une intervenate qualifiée;

Si ces services peuvent vous aider contactez moi au 06 26 41 15 13
FayBel - Mon fils...   | 88.167.20.111 | 06-04-2011 22:30:42
Mon fils est handicapé depuis 2008... virus impossible à identifier et qui a décidé de se promener un peu dans son cerveau en laissant des traces de son passage, il lui a même détruit la barrière qui contrôle notre comportement. Saleté de virus !!! Nicolas est en IME la semaine, quelle joie de le retrouver le vendredi "tu m'as manqué maman" et bisou par ci bisou par là. Le week-end dernier il m'a quand même donné une claque à deux reprises : geste incontrôlé, il s'en aperçoit dans la seconde qui suit, se fond en excuses, se demande pourquoi il a fait ça à sa maman qu'il aime, me demande de le pardonner, qu'il ne recommencera plus, etc... etc...
Droit au répit ? C'est épuisant moralement effectivement d'autant plus qu'il est devenu épileptique (crises tonico-cloniques) et qu'aucun traitement pour l'instant n'a prouvé son efficacité (encore une hospi de plus à la fin du mois pour une polysomnographie de nuit) ; serait-il pharmaco-résistant ???. La communication, la sociabilisation, deux choses actuellement impossibles pour lui, il fuit les regards, si des gens arrivent en face de lui, il s'arrête, regarde le mur et attend qu'on le dépasse. Il ne peut pas m'accompagner dans une grande surface quand je fais mes courses et s'il a besoin d'un jean ou autre je peux y aller avec lui mais à une heure où je suis sûre qu'il n'y aura pas beaucoup de monde.
Tout cela pour vous dire qu'il m'est impossible de partir en vacances quand il est à l'IME, pour moi je n'ai pas le droit de passer du bon temps sachant qu'il est "enfermé". Je m'accorde 2 jours maxi quand il est en vacances chez mes parents car je sais qu'avec eux il se sent bien mais c'est tout. Si je dois partir c'est avec lui mais pas sans lui, je veux qu'il voit autre chose que les murs de l'IME ou les murs de sa chambre à la maison. Si pour nous c'est métro-boulot-dodo toute l'année, lui c'est IME-maison et maison-IME, il n'a que 17 ans, son seul plaisir c'est de retrouver ses potes le samedi après-midi à la patinoire et d'évoquer ses souvenirs mais les potes grandissent... que va-t-il lui rester ? Cet été nous partons 15 jours au Portugal, il voulait aller au Maroc mais à cause de son épilepsie le médecin nous a conseillé de rester dans l'UE au cas où il y ait besoin d'un rapatriement sanitaire. Le principal c'est qu'il voit autre chose, d'autres gens, mais je sais que pour moi le répit ne sera pas au rendez-vous. Je cherche son bonheur avant tout, je sais que son rêve est impossible à réaliser alors j'essaie de le remplacer par autre chose qui pourrait lui faire oublier un peu son handicap.
Je ne suis pas douée pour exprimer ce dont je ressens, je ne sais pas si vous arriverez à comprendre la détresse qui est en moi, je ne suis qu'une maman qui avait un fils plein de vie, plein de coquineries, toujours prêt à rendre service, à aider son papy à tondre la pelouse ou à lui aider au jardin... il est bien loin ce temps là, le papy prend de l'âge et son seul et unique petit-fils n'est plus là pour l'aider.
BRIANCON jean-luc - La solidarité et surtout...mis     | 82.122.55.254 | 25-02-2011 08:57:58
Je suis le papa d'une petite Léa (Lyon), poly-handicapé épileptique très sévère depuis 15 ans. Pas de répit, sinon ceux que l'on se crées, car comment entre les hôpitaux, les nuits difficiles, les interventions et médications..et surtout les déboire administratif actuels, se reposer? nous avons mis Léa 2 jours par semaines dans un chouette centre, pour souffler , il fallait nous à t'ont dit...nous avons été trahi, descendu l'AEEH de 3 complément..obligé de travailler 2 fois plus..et de battre pour obtenir de nouveau un minimum. Pour se reposer actuellement, il faut surtout s'appuyer sur les siens, s'organiser pour laisser un espace de détente à partager, puis savoir repérer les professionnels et institutions compétentes qui sauront vous mettre en confiance pour "lâcher" prise, et alors quelques soit l'activité salvatrice, pouvoir revenir à la réalité sans mauvaise surprise!!!

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Chroniqueur au magazine Déclic, Thierry Decloitre, est l’auteur de L’éternelle spectatrice, aux éditions Desclée de Brouwer.
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