1. Accueil
  2. Santé
  3. Sommeil
  4. Parents d’enfants handicapés : dormez pour récupérer

Parents d’enfants handicapés : dormez pour récupérer

La sieste, un élément incontournable lorsque l'on aide un proche et qu'il s'agit de récupérer
Photo

Des nuits hachées, incomplètes, trop courtes, ça vous dit quelque chose ? Voici les conseils des spécialistes qui nous disent comment récupérer le sommeil perdu.

Sommeil perdu ? Optez pour la sieste réparatrice

Intervenir la nuit pour des soins ou pour entourer un enfant qui dort mal ou peu : la voie royale pour réduire son temps de sommeil. Dès lors, il est primordial de récupérer le sommeil perdu en s’accordant régulièrement une pause récupératrice. « Il faut se trouver du temps (1 heure 30 à 2 heures) pour dormir. Il ne s’agira pas d’une sieste rapide. Mais bien de récupérer des heures de sommeil devenu insuffisantes la nuit, explique Sylvie Royant-Parola, médecin au Pôle Sommeil de la clinique du Château de Garches. Il faudra privilégier une pièce isolée, la plus silencieuse et sombre possible, afin de pleinement recharger les batteries. » Faire une sieste réparatrice, d’accord, mais quand ? « Il faut repérer le rythme de repos de l’enfant et faire en sorte de se caler sur ce créneau. Se dire : “quand il dort, je dors.” »

Penser au repos mental et physique

Afin d’être en capacité d’accompagner son enfant le mieux possible, il est également nécessaire de maintenir une activité physique régulière. « Cela peut prendre la forme d’un cours de gymnastique, chez soi ou en club, d’une marche rapide de quelques dizaines de minutes, notamment pour s’exposer à la lumière », propose celle qui est aussi présidente du réseau Morphée. Pour elle, le tout est de ne pas rester confiné chez soi. « L’entretien mental permet de rompre avec la continuité dans laquelle la personne qui aide est installée, notamment si elle est très fusionnelle avec son enfant. »

Les somnifères peuvent parfois aider à trouver le sommeil

La question des somnifères mérite aussi d’être abordée. « C’est une mauvaise idée si l’on doit rester en état d’alerte, annonce Sylvie Royant-Parola. Le risque est alors de faire des erreurs, éventuellement graves avec un enfant dont la santé est précaire. Lorsqu’on se réveille de manière inopinée sous somnifère, on peut se trouver dans un état confusionnel et de ne plus se souvenir ensuite de ce que l’on a fait. » Mauvaise idée, donc ? Pas forcément. « S’il permet de déconnecter et de ne pas avoir le sommeil fragmenté, c’est une bonne alternative. On peut y avoir recours lorsque l’on a réussi à trouver un “remplaçant”. Si l’on est trop pressurisé dans le quotidien, avec des difficultés d’endormissement, le somnifère a beaucoup d’avantages. »

Couper une nuit par semaine, pour préserver son sommeil

Dans l’idéal, pour se ménager et préserver son sommeil sur le long terme, il faudrait pouvoir s’accorder une bonne nuit par semaine et une vraie coupure d’une semaine de temps en temps. « Cela demande de s’appuyer sur des proches, une institution, des aides à domicile, pour avoir une vraie nuit de repos au moins une fois par semaine et combler le sommeil fragile, » conseille Sylvie Royant-Parola qui va même plus loin. « Pour puiser l’énergie sur le long terme, il faut mettre sa fierté de côté, ne pas se sentir coupable d’abandonner son enfant, qui est entre de bonnes mains. Et s’aérer une semaine, loin du quotidien, pour puiser une nouvelle énergie. En règle générale, les gens qui ne font pas ça ont du mal à tenir plus de six mois. »

Vincent Huchon