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Comment aider votre enfant à sentir son corps ?

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Pas facile pour l’enfant polyhandicapé, atteint d’un handicap mental sévère ou de déficience sensorielle de s’ouvrir au monde. Vous pouvez l’aider en stimulant chez lui le toucher, l’odorat, la vue…

Stimuler ses sens

C’est lorsqu’il est petit que la sensibilité de l’enfant se développe. Pour la stimuler, travaillez le toucher, l’odorat, la vue… en prenant soin de ne pas en faire trop ni trop vite. Vous pouvez…

  • Travailler avec les textures et la matière : de la pâte à sel, du sable dans la peinture, du papier ondulé plutôt qu’une surface lisse, une balle recouverte de papier de verre qu’il pourra gratter…
  • Stimuler son odorat en glissant, dans une petite fiole, un coton imbibé d’huile essentielle de citron ou de lavande, que vous lui ferez sentir de temps en temps.
  • Enrouler une compresse autour d’un petit morceau de chips au vinaigre, de fraise tagada ou de saucisson. Après l’avoir humidifiée, proposez-lui alors de croquer la compresse, tout en la gardant en main : sans risque de fausse route, Lulu pourra alors découvrir le plaisir de la mastication et profiter du goût et du jus d’aliments solides qui le changeront de ses repas mixés.

L’avis de la professionnelle

Dalila Chibani, éducatrice spécialisée

Les espaces Snoezelen [une stimulation multisensorielle proposée notamment dans des salles dédiées, ndlr] sont formidables, mais chers. En revanche, on peut recréer un espace à moindre coût avec des planches de contreplaqué, des chutes de tapis, un paillasson, des petites guirlandes lumineuses et des néons de lumière noire, comme en discothèque, pour que les objets blancs deviennent réfléchissants. Vous pouvez ajouter des bacs avec différents tissus – un gant de crin, de la laine de mouton, de la soie… – et alterner les matières sur le sol et les murs. Mais attention, il vaut mieux travailler un sens pendant dix minutes, faire une pause, puis travailler un autre sens… C’est important de proposer des activités contrastées, mais il ne faut pas surcharger l’enfant en informations.

L’aider à sentir son corps

L’enfant polyhandicapé présente des troubles de la perception et de la sensibilité. S’il pleure devant un objet ou ne réagit pas, cela peut signifier que celui-ci lui est trop intrusif (s’il a une hypersensibilité) ou qu’il ne ressent rien (s’il s’agit d’une hyposensibilité). À vous alors de l’accompagner en l’aidant à percevoir son propre corps. Vous pouvez…

  • Serrer fort l’objet dans sa main, en exerçant de petites pressions pour qu’il prenne conscience de ses limites corporelles.
  • Envelopper votre enfant dans vos bras durant vos activités et garder votre main contre la sienne pour toucher un jouet ou malaxer une balle en mousse. Vous l’inciterez ainsi, dans un mouvement commun, à découvrir les composantes de son environnement, les détails des objets dont il ne perçoit parfois qu’une petite partie.
  • Solliciter tout son corps : on ne touche pas seulement avec les mains…

L’avis de la maman

Rachel Claudel, maman d’Elena, 7 ans

Petite, Elena restait couchée et n’utilisait pas ses mains. Alors j’ai pris un balai et j’y ai accroché des balles avec un fil élastique – certaines en mousse, d’autres avec des grelots… J’ai coincé le manche en travers de son lit, pour que les balles pendent au-dessus d’elle. Elle a joué longtemps avec et cela a favorisé la mobilité des mains et des bras. Afin de l’aider à prendre conscience de son corps, je l’attachais sur une chaise de bureau pour qu’elle ne tombe pas et je la faisais tourner. Elle adorait ça ! Ce petit jeu faisait travailler son vestibulaire et a beaucoup contribué à ce qu’elle marche aujourd’hui, alors qu’on m’avait dit qu’elle ne marcherait jamais. Je pense que ce progrès moteur a entraîné son développement cognitif : au lieu d’être couchée toute la journée, elle peut se déplacer, aller dans le jardin. Cette autonomie lui a donné une soif de découvertes impressionnante.

L’avis de la maman

Ozlem Tarim est la maman de Maxent, 3 ans.

Un espace de jeu rien que pour lui. Lorsque Maxent était sur son corset siège, il faisait tomber ses jouets par terre et ne pouvait pas jouer longtemps seul. Alors avec son père, on a fabriqué une grande table avec un trou qui l’encadre complètement. On y a vissé des carrés de bois, scratché un objet qu’il peut déscratcher, et mis un labyrinthe avec une boule. Nous avons ajouté des miroirs et des couleurs. Comme la table se fixe au mur, aucun jouet ne tombe par terre. On peut également descendre le rabat pour plus d’interactions avec nous ou avec l’orthophoniste.