1. Accueil
  2. Psycho
  3. Entourage
  4. Comment aider son enfant atteint d’un handicap à se faire des amis ?

Comment aider son enfant atteint d’un handicap à se faire des amis ?

La différence est une sacrée barrière qu’on ne franchit pas aisément. Celle du handicap effraie, que l’on soit d’un côté ou de l’autre, et les rencontres que l’on souhaite à Lulu ne se font pas toujours spontanément. Alors, on force le barrage ou on laisse faire ?

 

Certains parents se montrent discrets et « restent à la maison, arguant qu’ils ne veulent pas imposer aux autres le handicap de leur enfant, remarque Catherine Vanier, docteur en psychologie et psychanalyste. Au risque de s’enfermer. » D’autres choisissent, à l’inverse, de donner un coup de pouce au destin en provoquant le contact, histoire que Lulu s’ouvre au monde.

S’il est nécessaire de travailler l’intégration et la sociabilité, jusqu’où aller pour les améliorer ? « Forcer les relations n’est jamais une bonne solution, avance la psychanalyste : l’enfant se ferait rejeter. Mais il faut accompagner le mouvement car l’être humain n’est pas spontanément bon, généreux et ouvert à la différence. Il me semble très important que les parents prennent le temps de parler de leur enfant à son entourage, sans l’étiqueter, sans faire de son handicap un problème figé, mais en présentant ses goûts, ses difficultés comme ses capacités. » De même, il sera utile d’aider Lulu à surmonter ses propres appréhensions en lui rappelant que, même si sa voisine n’est pas en fauteuil roulant, elle reste une enfant comme lui – et une potentielle camarade. Beaucoup de pédagogie, donc, qui permet de briser la glace et d’éviter les malentendus. Encore faut-il qu’en face, les réactions suivent.


Une question d’éducation

« L’idéal serait que les parents des enfants valides préparent le terrain de leur côté. C’est leur éducation qui est en question. Il ne s’agit pas pour eux d’inciter leur enfant à jouer avec un enfant handicapé, mais de l’éduquer de manière à ce qu’il s’intéresse à l’être humain et que ce comportement lui paraisse normal. »

Pas un faire-valoir !

Pour autant, toutes les relations ne sont pas bonnes à prendre. Catherine Vanier met ainsi en garde contre le risque de devenir « l’enfant handicapé préféré » de gamins cherchant plus un faire-valoir qu’un ami. Et si l’intérêt doit être sincère, il réclame aussi de la réciprocité. Or, parfois, continue la psychanalyste, « on se sent affectivement dépendant des autres lorsqu’on est handicapé ». Comme cette jeune patiente qui lui déclarait se sentir « obligée de les accepter, même si je ne les aime pas ». La relation demande un effort. Certainement pas de forcer les liens. Naviguant entre les deux, trois parents nous livrent leurs réflexions sur ce sujet complexe.