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Classe verte : aussi pour mon enfant handicapé !

Faire partir son enfant handicapé en voyage scolaire est loin d’être évident. Pourtant, cette inclusion est une obligation de la loi de 2005. Des pistes pour rendre le voyage possible.

Il faut parfois se battre et convaincre que son enfant handicapé a aussi le droit de partir avec les autres en classe découverte ou en classe verte. Il arrive encore que des élèves se voient refuser de participer à un voyage scolaire, par exemple pour des activités sportives jugées trop contraignantes, alors qu’il existe des solutions matérielles et humaines.

Il manque des centres d’accueil adaptés

« Mais il n’y a pas toujours de solutions », explique Martine Villalvilla, en charge des classes découvertes pour l’association Jeunesse au Plein Air (JPA) du Bas Rhin. « Il manque notamment des centres d’accueil adaptés. Pour certaines activités, il ne sera pas possible d’intégrer tout le monde, notamment pour des enfants en fauteuil. Il faut aussi comprendre les enseignants, qui peuvent se sentir désarmés. Aussi, certains chefs d’établissement ne veulent pas prendre de risques, en termes de responsabilités ».

Anticipez et proposez des solutions adaptées

C’est pourquoi il faut travailler de concert avec l’équipe enseignante, l’informer sans tabou de toutes les contraintes possibles liées au handicap au quotidien. Pour faire face à l’ensemble des situations, mieux vaut donc anticiper et proposer des solutions pour que tout le monde se sente à sa place et soit rassuré. Du matériel adapté existe par exemple pour les loisirs (ski, vélos tandem, etc.). On peut aussi réduire les horaires sur le temps d’activité et trouver un accompagnateur. L’important est que l’enfant participe aux activités comme tout le monde. Surtout, le projet doit être construit collectivement avec l’équipe éducative : enseignants, conseiller principal d’éducation, médecin scolaire, intervenants et éducateurs.

Au moins trois mois de préparation

  • Comptez trois mois au moins pour bien préparer un séjour en classe de découverte ou en voyage scolaire.
  • La première chose à faire est d’identifier ses besoins en matière d’accompagnement et les aides matérielles nécessaires pour compenser son handicap.
  • Plus précisément, assurez-vous auprès de l’enseignant que le centre de loisir soit bien informé par l’école de la présence de l’enfant. L’équipe éducative, en lien avec les parents, devra aussi vérifier l’accessibilité du centre, les transports, si l’enfant suit un régime alimentaire et s’il a besoin de soins réguliers.
  • Le projet pédagogique doit prévoir des activités prenant en compte les spécificités liées à son handicap, ses contraintes physiques ou intellectuelles.

Une expérience positive

  • Ces voyages scolaires sont reconnus pour être une expérience positive, tant pour les enseignants que pour les élèves. Ils suscitent la curiosité des élèves et favorisent l’apprentissage du vivre ensemble. Pour l’école, c’est aussi un outil pédagogique pour enseigner différemment la géographie, le français, etc., et travailler sur des expériences concrètes, développer l’autonomie et le travail d’équipe.
    > Cette expérience positive sera aussi l’occasion d’en reparler en classe mais aussi entre camarades. A l’inverse, lorsque l’enfant n’a pas pu partir, ne pas pouvoir participer aux discussions devient une souffrance supplémentaire ! Raison de plus pour tout faire pour qu’il parte.

Témoignage

« L’établissement est dans l’obligation d’accueillir l’enfant »

Nathalie Morand, présidente de l’association Charge Enfant Soleil
La clé d’un séjour réussi c’est la cohésion entre les parents et les enseignants. Certes, l’école manque souvent de moyens pour assurer l’inclusion prévue par la loi, mais des solutions existent : des financements sont possibles pour le matériel (école, famille, collectivités) et pour l’accompagnement (AVS, parents). Les associations de parents d’enfants handicapés, mais aussi les fédérations de parents d’élèves peuvent vous aider. En cas de difficulté avec l’école, les parents doivent s’en référer au rectorat. L’établissement est dans l’obligation d’accueillir l’enfant. Mais si l’avis médical du médecin académique est négatif, on ne peut pas obliger l’équipe enseignante à prendre l’enfant.

 

Julius Suzat


Références