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Apnées du sommeil et handicap

Votre enfant handicapé ronfle, vous avez l’impression qu’il passe de mauvaises nuits et devient irritable dans la journée ? Il souffre peut-être d’apnées obstructives du sommeil (SAOS).

 

Le SAOS définition

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) désigne les pauses respiratoires causées par une obstruction des voies aériennes (nez, bouche, pharynx et larynx). L’air ne circule plus correctement, ce qui engendre des micro-éveils. Ce SAOS devient sévère au delà de trois apnées d’au moins 10 secondes par heure de sommeil. Seul un examen, la polysomnographie, permettra d’effectuer un diagnostic précis en analysant les phases de sommeil comme les postures, la respiration, le rythme cardiaque.

Les handicaps concernés par le SAOS 

Tous les enfants peuvent être sujets aux apnées du sommeil, mais on constate qu’elles sont plus fréquentes chez ceux nés prématurés, ayant un retard de croissance, en surpoids (syndrome de Prader-Willi), dont les amygdales sont plus grosses que la moyenne (c’est le cas de nombreux enfants porteurs de trisomie 21), souffrant de maladies neuromusculaires ou génétiques. Les handicaps engendrant des anomalies de la face (syndromes de Crouzon ou de Pierre Robin) sont aussi davantage sujets au SAOS. Le plus souvent, les apnées sont dues à des amygdales ou des végétations (amas de tissus situés derrière le nez) trop importantes qui obstruent les voies aériennes supérieures et gênent la respiration. Le risque est majoré dès lors que l’enfant est en surpoids.

Apnées du sommeil : les signaux d’alerte 

Le ronflement est l’un des premiers signes d’apnées. Il est d’autant plus à surveiller qu’un enfant qui ronfle, ce n’est pas normal, même si ce n’est pas toujours synonyme de SAOS ! Un sommeil agité, une posture inhabituelle (l’enfant dort à genoux ou dans de drôles de positions), la tête renversée en arrière (hyper extension), une respiration bruyante, la bouche ouverte et un oreiller mouillé de salive, une transpiration excessive sont autant d’autres signes pouvant faire penser aux apnées. Certains enfants souffrent également d’énurésie (pipi au lit) ou de terreurs nocturnes. D’autres sont aussi très souvent enrhumés. La journée, l’enfant semble fatigué, agité, rencontre des difficultés à se concentrer et à apprendre.

SAOS : quelles conséquences sur la santé ?

Les enfants qui souffrent d’apnées du sommeil dorment mal, d’un sommeil qui n’est pas réparateur. D’où les troubles du comportement dans la journée, mais aussi les difficultés d’apprentissages. Un sommeil perturbé peut avoir des conséquences sur le développement cognitif et psychique de l’enfant. À terme, et si les apnées perdurent, ont peut constater un retentissement sur le métabolisme et sur le poids. Plus rarement, des complications cardio-vasculaires peuvent être possibles à l’âge adulte.

Polysomnographie et suivi ORL

Un spécialiste du sommeil en cabinet ou à l’hôpital est la première personne à consulter. Pour autant, le SAOS nécessite une prise en charge pluridisciplinaire avec un suivi ORL (détection d’anomalies de la face, des amygdales), orthodontiste (vérification de l’implantation des dents, de la position de la mâchoire), orthophoniste (habitudes de succion, rééducation de la langue, etc.), généticien, pneumologue, pédiatre.

Apnées du sommeil : quels traitements ?

La première intervention peut consister à corriger par la chirurgie ce qui peut gêner ce passage de l’air : suppression des amygdales lorsqu’elles sont trop grosses, chirurgie de la langue ou de la mâchoire (chez l’enfant plus âgé ayant achevé sa croissance). Il est aussi possible de poser un appareil dentaire, de travailler sur la prise de poids avec un nutritionniste.

Pression positive continue (PPC)

Lorsque les autres interventions ne suffisent pas, un traitement par pression positive continue (PPC) peut être proposé. De l’air ambiant sous pression est diffusé par une machine à l’aide d’un masque dans les voies respiratoires pour éviter leur obstruction. Ce traitement demande une participation de l’enfant qui devra accepter de porter un masque toutes les nuits pendant de longs mois, voire des années. Quels que soient le traitement et les interventions effectuées, un suivi régulier devra être effectué à l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte pour s’assurer que tout va bien.

Merci à Pascale Ogrizek, médecin spécialiste du sommeil de l’enfant, Sylvie Royant-Parola, psychiatre spécialisée dans les troubles du sommeil et Pierre-Jean Monteyrol, médecin ORL au CHU de Bordeaux.

Isabelle Malo