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Faut-il avoir peur de la toxine botulique ? Version imprimable Suggérer par mail
21-10-2008
botox et handicapFin août, un article du magazine allemand Focus, repris par la presse française, annonçait des effets indésirables graves provoqués par l’injection de toxine botulique. En treize années d’utilisation, l’Agence européenne du médicament (EMEA) a recensé plus de 600 personnes touchées par des effets négatifs sérieux après une injection et 28 décès. Même si ces chiffres semblent élevés pour le profane, le risque encouru est considéré comme limité. « Les effets indésirables graves, notamment des cas de faiblesse musculaire excessive, de dysphagie et de pneumopathie d’inhalation, sont très rares », tempère Nathalie Deleau, chef d’unité de pharmacovigilance à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Peut-être, mais quels sont les risques pour les enfants traités ?

La toxine botulique, qui permet de diminuer ou d’empêcher la contraction d’un muscle à l’endroit où elle a été injectée, est utilisée comme relaxant musculaire. Elle est indiquée pour traiter la déformation du pied en équin chez les enfants infirmes moteurs cérébraux souffrant de spasticité et, à partir de 12 ans, pour soigner les paralysies des mouvements des yeux, les spasmes du visage, les torticolis spasmodiques et la transpiration excessive. Dans la pratique, elle est utilisée plus largement pour traiter la spasticité des membres ainsi que les bavages très invalidants. Le problème est que la toxine a tendance à diffuser. Elle peut donc avoir des répercussions sur d’autres muscles que ceux visés, par exemple ceux de la déglutition lors d’injections dans le cou pour un torticolis.

« Ces risques sont plus grands chez les enfants atteints de troubles neurologiques avec des difficultés de déglutition ou faisant des fausses routes, reconnaît Nathalie Deleau. Cependant, plus l’injection est pratiquée loin du pharynx, plus ces risques diminuent. » Son conseil : consultez immédiatement un médecin si une faiblesse musculaire plus importante, un problème respiratoire, un trouble de la déglutition ou du langage apparaissent le jour de l’administration et même jusqu’à quelques semaines plus tard. Nathalie Deleau rappelle aussi qu’il est indispensable de s’adresser à des médecins hospitaliers expérimentés. Comment les trouver ? « N’hésitez pas à demander depuis combien de temps le service pratique les injections de toxine botulique », conseille Capucine de Lattre, médecin rééducateur au service de rééducation pédiatrique de l’Escale, à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Lyon. Quant au sérieux de l’équipe, quelques repères peuvent vous guider : avez-vous été informés oralement et par écrit, avant le jour de l’injection, sur la toxine, ses modes d’action et ses risques ? La décision du traitement a-t-elle été prise par une équipe pluridisciplinaire, a minima par deux soignants ? Une évaluation de son efficacité est-elle prévue un à deux mois plus tard par un bilan de kinésithérapie, voire une vidéo de marche ? « C’est vrai, la toxine botulique doit être administrée dans un cadre particulier, mais c’est surtout un traitement préventif efficace, rappelle Capucine de Lattre. Une étude belge a montré que les enfants traités pendant leur enfance subissent moins d’opérations chirurgicales, moins lourdes, que s’ils n’en avaient pas reçu. » En d’autres termes, il serait dommage de s’en passer, car les effets bénéfiques de la toxine botulique supplantent de loin ses effets indésirables.

Auteur : Mathilde Élie

Mémo
Les toxines botuliques sont commercialisées en France sous les noms de Botox, Dysport, Neurobloc et Vistabel. À part Vistabel, toutes sont réservées à un usage hospitalier.
Commentaires
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laurence   | 212.27.60.48 | 22-10-2008 14:34:53
la toxine botulique a été proposé pour mon enfant, il y a des années déjà, et à nouveau proposée encore aujourd'hui... mais à nos questions posées, pas de réponse, comme par exemple, les effets à long terme sur l'organisme, quels sont ils ?

je connais malheureusement davantage de personnes pour qui la toxine n'a eu aucun effet, ou des effets plutôt fâcheux, même si pour certaines cela a marché... mais l'enjeu vaut il vraiment la peine ? Ou est ce sans doute parce qu'il n'y a pas d'autres traitements à proposer concernant certaines pathologies que cette toxine, que l'on conseille, un peu aujourd'hui je trouve, à tout va !
charles - ma fille utilise les injection   | 79.94.168.221 | 02-11-2008 14:12:16
ma fille est hemiplegique partielle gauche, elle porte en journée une atele de marche, et une atelle de nuit, elle a une raideur de la jambe gauche et un décalement de hanche, depuis nous injectons du bortox, cette année en 09,7 injections, sa demarche est beaucoup plus agréable a voir et a vivre tous les jours,c'est vrai que l'acide met beaucoup de temps a s'evacué dans l'organisme. Mais pour marilyn, nous pensons avoir fait le bon choix
Michèle - effets botox   | 195.93.102.37 | 23-10-2008 09:23:11
Ayant subi de nombreuses injections de botox suite à une dystonie, je confirme que les effets secondaires existent sans pour autant apporter d'amélioration à mon état, en ce qui me concerne.
Cette absence d'efficacité ne semble pas décourager les prescripteurs et je trouve regrettable que l'on continue à m'imposer ces injections de toxine alors que pour moi elles n'ont jamais fonctionné!!!

Je ne remets pas en question les bénéfices de ce traitement qui a soulagé et soulagera encore nombre de personnes malades mais je souhaiterais que l'on reconnaisse que dans certains cas, l'acharnement ne sert à rien!!!
Quel gâchis.
marie hélène D - effets de la toxine botulique   | 217.175.172.17 | 28-10-2008 18:30:31
j'ai la charge d'un petit garçon de cinq ans et demi qui marchait sur la pointe des pieds (angle à plus de 70°) qui a eu la chance d'avoir deux injections de toxine botulique. En plus d'avoir pratiquement récupéré l'angle du pied gauche totalement, plus de 40° pour le pied droit, il a gagné surtout en assurance pour marcher, courrir, vivre tout simplement. Pour ma part, malgré les risques encourus et l'appréhension ressentie avant les injections, j'ai fait le bon choix, j'en suis sûre aujourd'hui.
Fabrice MEGROT - sur la toxine     | 193.253.51.35 | 06-11-2008 11:18:04
je dois apporter quelques nuances à tout ce qui vient d'être dit. Tout d'abord, et ce n'est pas une nouveauté, la toxine botulique est un médicament. Comme tel, il possède des effets secondaires plus ou mins génants. Bien sûr, il faut surveiller les effets sur le cours et long terme. La deuxième chose sur laquelle je souhaiterais intervenir, c'est sur l'utilité de la toxine. Enfants et adultes ne sont pas mis sur le même niveau. Je parlerais ici des enfants. Les enfants traités par toxine sont généralement des enfants présentant une pathologie neurologique. La spasticité entraîne avec la croissance des limitations articulaires pour faire simple. Ces limitations articulaires sont le signe d'un muscle qui ne se relache pas bien et qui "tire constamment". Le problème qui se pose alors est que l'enfant grandissant, les os vont "pousser" dans une direction notamment induite par ces muscles nocifs. Le rôle de la toxine est plus la possibilité pour le médecin de rééducation de...
Fabrice MEGROT - sur la toxine suite     | 193.253.51.35 | 06-11-2008 11:21:42
profiter du relâchement musculaire induit par la toxine pour étirer le muscle (via appareillage, bottes platrées, plâtres successifs...). Cela permettra de gérer les déformations osseuses et de les limiter.
Chez l'enfant, améliorer la marche ou le confort de marche n'a pas tellement de sens car la durée d'action de la toxine (4 à 6 mois) est bien trop faible.
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